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Sophie Pirot explore la tension entre ordre et chaos à travers une pratique artistique multiple, mêlant peinture, gravure, cyanotypie etc, Elles ont pour dénominateur commun la lenteur, la recherche du savoir-faire de l'artisan, gestes méditatifs et propices à l'introspection. Son travail, entre force et mystère, porte des messages cachés, lisibles pour qui sait les déchiffrer, et interroge la présence de soi dans ce qui persiste.

Ordo ab Chao

« Dans tout chaos il y a un cosmos, dans tout désordre un ordre secret. »

Carl Gustav Jung

Sophie Pirot est une Intranquille au sens pessoen. Elle doute, recommence, observe sans fin, incapable de se fixer dans un seul mode d’expression picturale, toujours en mouvement, jamais figée.

Son œuvre ne cherche ni à décrire ni à explorer. Elle advient, cherche à donner forme à l’insaisissable, à traduire l’instant où quelque chose doit être dit, issue d’une nécessité plus que d’une volonté. Ce qu’elle trace n’affirme rien, ne revendique rien, mais laisse affleurer une résonnance intime, un silence chargé de trop-plein. Une fois exposée et dépossédée, elle offre alors à chacun d'en ressentir sa propre lecture, son propre écho. Délivrée du geste qui l’a façonnée, elle ne lui appartient plus et se réinvente à travers le regard de chacun, libre d’y projeter son interprétation, miroir où le spectateur projette son propre regard, son propre trouble, la lumière qui les fait eux-mêmes rayonner.​

Sa pratique s’est toujours modifiée, redéfinie, en quête de justesse pour exprimer ce qui se dérobe, plongeant sans appréhension dans les ténèbres pour en faire émerger sa propre lumière. Sa technique n’est pas une finalité, mais un véhicule, une manière de traduire ce qui lui échappe autant que ce qu’elle éprouve. Elle ne s’attache pas à une seule manière de s'exprimer, mais cherche toujours le verbe pictural le plus juste, non par quête de perfection, mais par besoin de sincérité : représenter ce qui doit être transmis à l’instant où cela s’impose. 

Sa série Memento Mori questionne la mémoire et l’oubli, notamment celui de femmes dont l’engagement et la résistance ont marqué l’Histoire. Peinte à l’huile en niveaux de gris, elle ne cède pas à la distraction de la couleur. Son geste, étiré, délavé, oscille entre apparition et disparition, donnant aux œuvres une dimension expressive entretenant une relation à peine dévoilée avec la photographie, la littérature et la philosophie.

Sa peinture actuelle, "Les veilleuses"héritière des primitifs flamands, enseignée par Hélène Feye, elle-même formée par Jean-Pierre Poidevin, se construit par superpositions, par ajustements incessants. Chaque œuvre lui demande des centaines d’heures, où le geste se cherche, se reprend, se perfectionne.

 

Ses visages aux regards implacables, entre force et contrition, interrogent plus qu’ils ne révèlent. Surgis du silence, sculptés dans la lumière et le temps, ils portent la tension de ce qui veut exister sans se figer. Ils ne sont pas des autoportraits, mais des échos d’elle-même, porteurs d’une lucidité qui éprouve l’âme du monde et de soi.

Dans ses gravures, histoires gravées , l’absence devient matière. Ses formes éthérées laissent place à des empreintes de silence et de résurgence, des atmosphères fantomatiques et mélancoliques. Ce sont des lieux de suspension, où ce qui se dérobe prend corps, où l’équilibre fragile entre incarnation et disparition se dessine sans s’imposer. La technique, complexe et exigeante, n’est jamais un artifice. Elle est là parce qu’elle est nécessaire, parce qu’elle contient ce qui ne peut être dit autrement.

Dans cette instabilité féconde, où chaque œuvre est une tentative, un fragment d’une pensée insaisissable, sa peinture incarne l’Ordo ab Chao. L’ordre surgit, non comme une imposition, mais comme un instant cristallin issu du tumulte. L’image n’est jamais une certitude. Elle est un équilibre et un point de bascule dans un questionnement qui, lui, toujours recommence.

Ainsi, son intranquillité n’est pas seulement un état, c’est la condition même de son art. Elle est tension et émergence, une tentative de saisir ce qui, toujours, échappe.

 

Dans ses œuvres qui ne se livrent jamais totalement, elle glisse des messages cachés, des clefs disséminées à l’attention de ceux qui savent regarder au-delà de l’évidence et d’autres restant impénétrables aux non-initiés."

©Sophie Pirot

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